Centre logistique Rexel : un audit de flexibilité électrique pour consommer au bon moment plutôt que moins
De mai à août 2025, Enerkaya a conçu et conduit un audit de flexibilité électrique en mode preuve de concept pour Rexel France, sur deux sites : un centre logistique régional en région lyonnaise et une agence commerciale. Objectif : mesurer ce que la flexibilité apporte réellement à des sites logistiques et tertiaires, avec une méthode reproductible sur un réseau de sites. La mission s’est appuyée sur une exploitation critique des données de GTB et de sous-comptage, complétée par des mesures ciblées.
- Client
- Rexel France, distributeur de matériel électrique
- Mission
- Audit de flexibilité électrique, implicite et explicite (preuve de concept)
- Durée
- 3 mois (mai – août 2025)
- Périmètre
- Un centre logistique régional de 37 700 m² — stockage robotisé, chariots électriques, photovoltaïque en autoconsommation, bornes de recharge — et une agence commerciale 100 % électrique, soit environ 1,6 GWh par an
- Données
- GTB et sous-comptage existants, complétés par des enregistreurs de puissance
- Livrable
- Plan d’actions chiffré et restitution aux équipes
Quel était l’enjeu ?
Le centre logistique consomme environ 1,4 GWh par an, dont 72 % d’électricité. Ses usages lourds — charge des chariots, robots de stockage, éclairage — se concentrent en heures pleines, alors que le tarif à plusieurs plages et la puissance souscrite pénalisent les pics et les dépassements. La flexibilité reste peu exploitée dans la logistique et le tertiaire : le client voulait savoir ce qu’elle valait concrètement sur deux typologies de sites, avant d’envisager un déploiement plus large.
Comment Enerkaya a-t-il conduit la mission ?
Exploitation et revue critique des données GTB
Diagramme de flux de chaque site, cartographie des usages à partir de la GTB et des sous-compteurs, statistiques d’usage des bornes de recharge, étiquette GoFlex. Puis repérage des angles morts du plan de comptage : charge des chariots non isolée, incohérences entre la GTB et les déclarations des exploitants.
Mesures ciblées pour combler ces angles morts
Enregistreur de puissance sur la charge des chariots lithium, test d’inertie des bureaux climatisés, entretiens avec les responsables de site.
Analyse usage par usage
Chariots, robots de stockage, CVC, bornes de recharge. Flexibilité implicite (heures creuses, prix spot, puissance souscrite) et explicite (effacement via NEBCO ou mécanisme d’ajustement).
Plan d’actions chiffré
Investissement, gains, temps de retour et verrous à lever, présenté en restitution aux équipes.
Quels résultats ?
- Une cartographie des usages fiabilisée : clé de répartition mesurée pour la charge des chariots, incohérences de la GTB documentées, recommandations pour compléter le plan de comptage.
- 6 actions identifiées sur le centre logistique, toutes avec un temps de retour inférieur ou égal à 1 an.
- 42 % de la charge des chariots lithium peut passer en heures creuses par simple programmation.
- Le lissage des charges permet de réduire la puissance souscrite de 250 à 220 kVA (−12 %) et de supprimer les dépassements.
- La charge des robots de stockage peut être reportée en heures creuses nocturnes.
- Sur l’agence, le gain principal vient de l’ajustement de la puissance souscrite, la flexibilité des usages restant plus limitée.
- Un enseignement net : la flexibilité implicite est rentable immédiatement, l’effacement explicite reste marginal à cette échelle sans GTB « flex ready ». Un centre logistique offre bien plus de potentiel qu’une agence.
Ce que l’on nous demande souvent
Quelle différence entre flexibilité implicite et explicite ?
La flexibilité implicite consiste à décaler ses consommations pour profiter des plages tarifaires ou des prix bas (heures creuses, prix spot). La flexibilité explicite consiste à réduire volontairement sa puissance à la demande du réseau, contre rémunération, via un agrégateur.
Quels usages sont flexibles dans un entrepôt logistique ?
La charge des chariots électriques, la charge des robots de stockage et les bornes de recharge. La climatisation l’est aussi, mais seulement si le bâtiment a une inertie suffisante.
Les données de la GTB suffisent-elles pour qualifier les usages ?
Rarement telles quelles. Le plan de comptage suit souvent le découpage du bâtiment (zones, cellules), pas celui des usages. Il faut le confronter au terrain et le compléter par des mesures ciblées avant de chiffrer un gisement.
Pourquoi la GTB conditionne-t-elle la flexibilité ?
Sans pilotage automatisé, chaque décalage repose sur des interventions manuelles. Une GTB conforme au décret BACS et « flex ready » permet de répondre aux signaux tarifaires et aux demandes du réseau sans dégrader l’exploitation.
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